Garderen lou Trein dei Pigna!

Pourquoi « Train des Pignes »?

On désigne sous ce nom les deux lignes d’interêt général entre Nice et Digne, toujours en exploitation, entre Colomars et Meyrargues, fermée en 1950, et parfois aussi les deux lignes du Littoral, entre St.Raphaël et Toulon, et entre Cogolin et St.Tropez, fermée en 1951.

Pourquoi?

Parce que de Nice aux Alpes et à la rivière Durance, c'est ainsi qu'il est passé à la postérité auprès de la population. Ce nom de « Train des Pignes » sera-t-il né de l'imagination d'un cheminot, d'un voyageur ou d'un journaliste?

Toujours est-il que dans les années de l'entre-deux-guerres, à une époque où il était privé de moyens face à une concurrence automobile en plein essor, chacun était prompt à railler sa lenteur et son allure désuète. Il ressemblait au jouet que font les enfants en attachant plusieurs pommes de pin à une ficelle et en les traînant en imitant le bruit du train.

Il allait si lentement dans les montées que les voyageurs avaient le temps de descendre ramasser des pommes de pin pour allumer leur cheminée. A moins que sa locomotive ne brûlait elle-même ce combustible pour économiser le charbon? Que n'a-t-on pas dit à son sujet!

Un chroniqueur plus poétique assure même qu'un miracle est survenu une nuit de Noël. Une garde-barrières restée seule avec son enfant malade s'étant trouvée à court de bois pour chauffer sa maison, l'équipe d'un train facultatif de nuit fit halte au passage à niveau et lui offrit son charbon. Lorsque la pression commença à baisser faute de combustible, les pommes de pin tombèrent seules dans le tender depuis les arbres bordant la ligne, permettant à l'équipe généreuse de rentrer.

A défaut d'être vérifiable dans un journal de train réglementaire, ce conte de Noël dénote en tous cas un revirement complet de l'opinion publique en faveur du « Train des Pignes ».

Lorsqu'il demeura sous l'occupation le dernier moyen de se déplacer et de se ravitailler pour des milliers de gens, lorsqu'on s'aperçut qu'une fois modernisé, il constitua un moyen de transport efficace et un atout touristique inestimable, on ne le regarda plus du même oeil. Et c'est pourquoi de moqueur, ce surnom est devenu affectueux pour les Niçois et les Provençaux de toutes générations.

Alors donc, même si ceux qui le font fonctionner, ceux qui le connaissent de près et le défendent ne le nomment pas souvent ainsi, vive le « Train des Pignes ».

Comme son homologue des Alpes, le chemin de fer du Littoral a souvent été surnommé « Train des Pignes » par les habitants de la région. Sa ligne principale traversait en effet de nombreuses pinèdes, où la voie était jonchée de pommes de pins, «lei Pigno» en Provençal.

A Toulon, le chemin de fer du Littoral était connu sous un autre surnom, le « Macaron ».

   

[Mise à jour 1998-09-11 Kjell Strandberg]