Compagnie des Chemins de fer du Sud de la France (SF) - Chemins de fer de la Provence (CP)
L’historiqueConstruit de 1881 à 1924, le réseau à voie métrique, se compose de trois lignes
Bien avant qu’il ne soit question d’établir en réseau ferroviaire cohérant dans le Comté de Nice, le rail a fait son apparition d’une manière assez inattendue dans cette région, à cette époque sous l’administration du royaume de Piémont-Sardaigne. A partir de 1845 en effet, les entrepreneurs chargés de l’endiguement de la rive gauche du Var, dont le cours délimite alors la frontière franco-piémontaise, ont établi en même temps que la nouvelle digue une voie ferrée servant à alimenter le chantier en matériaux de construction puis d’entretien. Ouverte par la suite au trafic public, cette modeste voie a fontionné une quarantaine d’années, avant de disparaître pour laisser la place à la ligne Nice - Digne des Chemins de fer du Sud de la France qui réutilisera sa plateforme sur une quinzaine de kilomètres. Tandis que le rail fait cette timide apparition dans le Comté de Nice, la Provence voisine est encore vierge de tout chemin de fer à l’est du sillon rhodanien. Lorsquen 1852 est concédé le prolongement de la « ligne Impériale » Paris - Marseille en direction de Toulon, on envisage bientôt son extension jusq’à lextrémité orientale du département du Var, qui englobe alors l’arrondissement de Grasse et atteint la frontière délimitée par le fleuve du même nom. Le 3 août 1859, la section « de Toulon à la frontière d’Italie » (écartement normal) par le littoral est déclarée d’utilité publique et concédé au PLM. En 1860, le Comté de Nice est annexé à la France. Le 24 janvier 1871, l’effondrement entre Antibes et Cagnes du pont de la rivière Brague, miné par la tempête, met en évidence la fragilité de l’unique lien ferroviaire entre Nice et le reste de la France. Tandis que dans les départements du Var et du Bouche du Rhône on combat dans un ordre plutôt dispersé pour obtenir en Central Var qui soit à la fois une artère de transit et une voie desservant le plus grand nombre de localités, on ne reste pas inactif non plus dans les départements voisins, où le rattachement du Comté de Nice ouvre des perspectives nouvelles de relations commerciales avec les Alpes. De différents projets seront étudiés pendant les années 70. En août 1885 est signée une loi qui porte concession pour une durée de 99 ans (jusq’au 17 août 1984) à la construction des voies étroites (voie métrique) Meyrargues - Draguignan et Draguignan - Grasse. Elle porte en outre concession éventuelle des lignes Grasse - Nice, Digne - Draguignan et St. André - Nice, dont les études restent à achever. Le 3 décembre une société sous le nom Compagnie de Chemins de fer du Sud de la France (SF) est constitué. Les travaux commence en 1887. La ligne Meyrargues - Draguignan est inaugurée 22 mars 1889, la ligne Draguignan Grasse est ouverte l’année prochaine, et la ligne Grasse Nice est ouverte à l’exploitation le 7 juin 1892. Pendant que la ligne Digne Draguignan est mise à l’écart, une convention de 1889 autorise une ligne Digne - Nice, qui inclut une jonction St.André - Puget-Théniers. La ligne Nice Puget-Théniers est ouverte le 8 août 1892, la ligne Digne - St.André 15 mai 1892. Les deux terminus (St.André et Puget-Théniers) seront pendant 20 ans (!) desservis par diligences, un trajet qui dure 6h30! La reprise des travaux qui doivent conduire à lachèvement de la ligne Nice Digne prend une tournure en 1899, année où un crédit supplémentaire est voté, une loi autorise les chantiers, et les travaux peuvent commencer. Mais, des difficultés techniques et financiers sera tel quil faudra attendre 12 ans pour l’ouverture. Le 3 juillet 1911, enfin, la ligne Nice Digne est ouverte à l’exploitation dans son intégralité. La compagnie est rebaptisée « Chemins de fer de la Provence » en 1925. Des autorails Renault sont introduits à partir de 1935 afin de se substituer peu à peu à la traction vapeur. Les combats de la libération à partir d'août 1944 vont causer de sérieux dégâts : les bombardements alliés endommagent la ligne en plusieurs points, alors que l'armée allemande en retraite fait sauter trois des principaux viaducs de la ligne de Meyrargues : les viaducs de la Siagne, du Loup, et de la Pescaressa. A la fin des combats, les deux lignes d'intérêt général sont interrompues en une trentaine de points. Après une reprise mixte (train et car) de l'exploitation sur le réseau, l'exploitation ferroviaire cesse sur la ligne du littoral en 1948, et en janvier 1950 sur la ligne de Meyrargues. Seule subsiste donc l'exploitation de la ligne Nice-Digne, encore en service de nos jours. |
[Mise à jour 2000-10-22 par Kjell Strandberg]